Une journée décisive... 
 
Ce soir, les unicyclistes se trouvent presqu'à mi-chemin, après avoir conquis Pointe-du-Lac. Ils ont acquis un rythme rassurant. Cependant la tension nerveuse s'accroît. La tâche est ardue: il leur faut être à la fois porte-parole de la ''cause'' amuseurs et athlètes. Pourtant, ce soir, en la forteresse de Pointe-du-Lac l'enthousiasme renaît. Les gladiateurs soulignent leur passage par un spectacle coloré plein de pirouettes et de musique. 
 
Vendredi, la colonne file vers St-Pierre-les-Becquets. En cours de route, ils sont rejoints par Réjeanne et ses fils Nicolas et Guillaume, ainsi que par Lucie qui désomais prodiguera soins et massages. Heureuses rencontres; nos braves avaient hâte que les secours arrivent. À ce stade le bilan de santé s'établit comme suit:Gérald a un genou qui bloque fréquemment; Jean-Luc traîne une entorse depuis le départ; la jambe droite de Reynald est enflée. On n'a pas encore résolu le problème des sièges; Claude a décidé de ne plus porter de couches. Mais le moral tient... tant bien que mal. 
 
À St-Pierre-les-Becquets, les gladiateurs remontent sur leur roue pour une cinquième journée consécutive, ils vont droit sur Ste-Croix. Aujourd'hui, le jeune Nicolas accompagnera les gladiateurs sur son unicycle et parcourra ainsi plusieurs kilomètres. Comme toutes les autres prises de la campagne, Ste-Croix s'est gentiment laissé séduire. 
 
Dimanche, le jour le plus long... 
 
Encore une soixantaine de kilomètres avant d'atteindre le pont de Québec. Tôt le matin, nos unicyclistes rassemblent toutes leurs forces, et une joie inexprimable au coeur, prennent la route. La course sera longue. Le pont se montre... se cache... Encore un tour de roue, et le voilà! Enfin, ils le touchent, se prosternent, l'embrassent et peurent de joie et d'épuisement. Ici, des amusurs de la ville de Québec se joignent à eux. La joyeuse troupe roule dans Québec jusqu'au café ''Le Hobbit''. Là, un festin attend nos fiers combattants. La place déborde d'enthousiasme. On y mange et boit, chante et rit. Les passants curieux entrent et se mêlent à la fête. Les gladiateurs racontent leur voyage. Quel voyage! C'est ce soir, à Québec qu'ils retombent sur leurs pieds... Leur projet, à prime abord farfelu, s'est concrétisé: MONTRÉAL-QUÉBEC sur une roue en costume de gladiateur. Six jours d'émotions. Un exploit acrobatique, véritable épreuve d'endurance physique et morale. Un beau coup de théàtre qui aura symbolisé leur lutte et leur aura valu bien des sympathies. On se souviendra de ces entrées triomphales; de ces mimiques de surprise des gens qui voyaient passer de drôles de personnages à quelques pas de la maison; de ce petit gars qui démontait son tricycle pour s'en faire un unicyle; de ce roi de la marche, Elzéar Duquette, qui invitait les gladiateurs pour le thé; on se souviendra de l'accueil chaleureux général et on n'oubliera pas les merveilleux levés de soleil sur la campagne. Au café, la fête et les récits continuent. Les gladiateurs y établissent leur campement; les lieux sont propice à l'élaboration du plan d'attaque de la colline parlemenaire, la cible du lendemain.