Lundi 21 août 1978 à Québec 
 
En ce lundi, nos gladiateurs couronnent leur aventure. Ils captureront la colline parlementaire et remettront à M. Tardif la pétition, but ultime de leur mission. Du café où ils ont fait halte la veille, les gladiateurs, leurs compagnons de route ainsi q'un grand nombre d'amuseurs de la ville de Québec entreprennent leur marche vers le parlement. Ils envahissent la colline parlementaire. Et leur spectacle commence.. La foule forme un cercle pour accueillir le grand cirque des amuseurs publics: jongleurs, musiciens, acrobates, clowns, unicyclistes. Spectacle magique, drôle et poétique... enjôleur, émouvant. Rires et frissons en guise de solidarité, le spectateur sent de très près l'amuseur; celui qui, à chaque jour, lutte pour la liberté de s'exprimer dans la rue, le plaisir d'amuser et d'en vivre. 
 
À chacun son métier, celui de l'amuseur est de déployer son art dans la rue. Il y donne le meilleur de lui-même et le passant entre dans son jeu et donne ce qu'il veut... À chacun sa scène, celle de l'amuseur est la place publique. Tout comme au théàtre le specateur y a droit à son plaisir et l'amuseur ne permettra pas qu'il soit déçu. Pourtant l'amuseur n'est toléré que là où il sert l'industrie touristique. Purquoi les gens de chez nous n'auraient'ils pas droit au divertissement sur le chemin du travail? dans le métro? à l'heure du lunch? Pourquoi les enfants, les vieillards n'auraient'ils pas le droit de voir de beaux spectacles , de temps en temps, au coin d'une rue ou dans une allée de parc? 
 
Ben a remis la pétition au nom des gladiateurs, au nom de tous les amuseurs publics et au nom de tous ceux qui croient que tous ces efforts, que cet exploit et la lutte quotidienne qui le justifie n'auront pas été vains. Les amuseurs comptent sur leur public pour appuyer leurs pressions auprès des autorités. Ils demandent que les lois municipales les concernant soient modifiés afin qu'ils puissent faire leur métier et en vivre comme ils y ont droit. Ils veulent divertir les gens là où ils se trouvent et cela dans la joie, le calme et la liberté. Pour obtenir ce droit, les gladiateurs ont fait Montréal Québec sur une roue. 
 
Ce texte a été rédigé par Sylvie Cloutier